Journal d'un paria

12 novembre 2021   |   par Nicolas Goudenove

"Et si je te présentais le journal d'un paria,
Irais-tu t'y abonner...ou pas ?

Un lieu où je te raconterais
Tous les plaisirs et les bienfaits pour la santé
Auxquels naturellement tu peux t'abandonner.

Bizarre, ils existent pourtant déjà ces magazines, et autres livres là.

Pourquoi alors ne se mouillent-ils pas plus que ça,
Lorsqu'on nous dit que ce pays ne va pas ?

On pourrait même imaginer des dons pour les numéros usagés des derniers mois passés,
Pour celles et ceux qui cherchent encore à se soigner à moindres frais,
Puisque d'année en année on nous propose les mêmes remèdes à volonté.

Ce qui pourrait aussi éviter de faire des articles dits usagés des monticules de déchets.

Chez Dame Nature, tout se fait sans cesse et sans pollution,
Juste calé dans le rythme des saisons.

On pourrait sans doute en faire autant dans nos chaînes de distribution.

Loin des discours de croissance et de consommation
Tant ils sont faux, sans avenir et mènent aux persécutions.

Pas facile de faire du lien dans nos sujets de conversations,
Plus simple d'aliéner celles et ceux qui invitent à la réflexion.

Mais alors que serait ce journal du paria
Quels articles, quels abonnements et quels médias ?

Tout dépend là aussi de la définition que tu attribues
A ce mot courant devenu si banal.

Le mien, lui, a justement cessé de courir et s'affoler à tout va.

Paria quant à lui s'habitue aussi à ce statut
Car suspendu ne signifie pas figé et complètement bloqué, coincé ou pétrifié.

C'est juste une question de point de vue,
Une prise de hauteur et de recul,
Ou l'exploration de nouvelles positions
Face à tout ce qui s'affole ou gesticule,
Comme une feuille d'un petit journal matinal
Qui vient se poser jusqu'à toi...

Et te demande comment tu vas,
Est-ce que toi aussi tu vis ta vie de paria,
Ou déjà es-tu trop pressé pour me répondre
A cette simple question là ?

Je peux aussi reformuler
Et t'inviter à prendre un peu de temps pour toi
Une autre façon de se définir paria."